» in  « Ce que vous voyez est ce que vous voyez. Ca se goûte ! Mais les mains de l’artiste ou de l’artisan nous révèlent qu’il dispose d’un potentiel inverse, de nature néguentropique[24]. 6, 50a15. Il ne fait que donner une dimension supplémentaire à celle-ci, une dimension discursive. Ils s'accordent à penser qu'il faut en outre que la croyance et la vérité (ou le fait) soit en quelque sorte connectés d'une façon appropriée, mais ils sont en désaccord sur la nature de cette connexion. De ce point de vue, le tableau « Guernica », aujourd’hui exposé comme symbole des horreurs de la guerre, peut être considéré comme un exemple d’art au sens platonicien. C'est le beau qui s'illumine en tant que vérité de l'apparence, ici celle d’une simple paire de chaussures. L’art est dévoilement de l’être. Le ready-made de Marcel Duchamp, les œuvres de Malévitch, de Stella ou d’Andy Warhol, pour ne citer qu’eux n’ont pas de vie propre dans la mesure où, sorties du contexte [36] qui les légitime et des théories qui leur donne du sens [37], elles ne sont pas identifiable comme œuvre d’art, sinon en tant qu’objets décoratifs ou objets du quotidien. Le peintre amateur amène bien à l’existence une forme nouvelle sans qu’il s’agisse pour autant d’une œuvre d’art. Ni l’interprétation d’Aristote ni celle de Heidegger ne semblent convenir à certaines productions de l’art contemporain. L’objet réalisé par l’artisan n’est ni une « croute » ni nécessairement une œuvre d’art. On peut aussi ranger dans le contextualiste un ensemble distinct de positions d'inspiration wittgensteinienne, selon laquelle les attributions de connaissances sont justifiées uniquement relativement à certaines pratiques de justification acceptées par la communauté linguistique. Par extension, chose ou être qui permet à l'esprit ou au cœur de trouver son plein épanouissement. En cela, l'art est à l'opposé de la philosophie. La teneur propre de l’image est ontologiquement définie comme émanation du modèle »[35]. L’art ne peut prétendre qu’à être décoratif, il doit être relégué au niveau du divertissement. Bien sûr, il peut arriver qu'Antoine pense à tort savoir où sont les clefs; mais dans ce cas, il ne sait pas en fait où elles sont. Il semble bien que chaque œuvre a son propre langage, sa propre philosophie. Retrouvez toutes les phrases célèbres de Platon parmi une sélection de + de 100 000 citations célèbres provenant d'ouvrages, d'interviews ou de discours. Pour Aristote, ce sont des principes très généraux qui donnent l'essence d'une chose ; pour Descartes, un petit nombre de vérités saisies de façon claire, distincte et indubitable ; pour Locke, les sensations ; pour Hume, les impressions sensibles ; pour Kant, les intuitions des sens (ou sensations) et les principes de l'entendement qui les organisent ; pour Russell, les données des sens et les principes de la logique. Par exemple, pour rappeler métaphoriquement la valeur d’Alexandre chef de ses soldats, l’artiste le fait plus grand. Selon cette position, les croyances peuvent se justifier les unes les autres circulairement. Et celle-ci est le domaine de l'art. Platon y voit l’illusionnisme, Aristote y voit une forme épurée du réel. Stérile, l’œuvre d’art est en même temps une entreprise trompeuse car elle engendre une expérience esthétique. [30] Hans-Georg Gadamer, « Vérité et méthode », Paris, Seuil, 1976, p. 161. Par exemple, Platon appelle « connaissance » (ou « science », épistémè) la saisie intuitive des Formes ou Idées des choses. L’airain laissé à lui-même peut se corrompre. Platon propose l'idée que la croyance vraie (« opinion droite ») n'est pas forcément une connaissance. [19] Charles Peguy, « Le mystère des saints innocents », Gallimard, 1948 p.14, [20] P.-H. Frangne et L. Brogowski « Vers un art sans écart ? Sur la notion de savoir-faire, voir G. Ryle, La condition de vérité est rejetée chez certains pragmatistes (Richard Rorty) et dans la tradition de la. Poétique, Editions du Seuil, Paris, 1980. Au contraire, croire que le client est innocent parce qu'on l'a vu ailleurs que sur les lieux du crime au moment du crime, c'est avoir une bonne raison de croire qu'il est innocent. Cela dit, un certain nombre de points d'accord existent : que la connaissance propositionnelle soit au moins une croyance vraie et non accidentelle et/ou justifiée. Tout en faisant appel au mécanisme de l'image associée, la métaphore lui ôte à la fois son caractère de copie photographique et son caractère éventuellement arbitraire[22]. Le contextualisme en philosophie de la connaissance est la thèse selon laquelle les attributions de connaissance peuvent changer de valeur de vérité d'un contexte de conversation à l'autre. Ce sens c’est ce qui dans l’œuvre d’art renvoie à un Autre qu’elle-même. Aristote interprète l’art à travers le travail de l’artiste et de l’Éros géniteur. [18] André Lalande, « Vocabulaire technique et critique de la philosophie » Paris, P. U. F., 9e éd., 1962, pp. Les connaissances de bases sont les premiers principes, ceux qui ne sont pas dérivés d'autre chose. L'art est du même ordre de valeur que la rhétorique ; l'art dupe et flatte les sens et nous éloigne de la réalité vraie. Le processus de création d’une œuvre d’art est double. C’est sur ces conditions supplémentaires pour la connaissance que portent les débats . La métaphore impose à l'esprit du spectateur, en surimpression par rapport à l'information logique contenue dans la figuration concrète de l’œuvre, une image associée fondée sur une schématisation du réel. Cette théorie affirme que notre connaissance de la vérité est le souvenir d’un état ancien où, avant d’être incarnée dans un corps, notre âme vivait au contact immédiat des pures idées dans le … [24] En physique des systèmes, la néguentropie est considérée comme un facteur d’organisation. A l’inverse, un Léonard de Vinci, un Rembrandt, un Van Gogh, un Cézanne... sortis de leurs musées restent des œuvres reconnaissables comme œuvre d’art. L'émotion esthétique ne doit rien à la beauté parce qu'elle ne doit rien à la vérité. De même, la définition traditionnelle ne dit rien sur la connaissance comme savoir-faire[14]. Les forces en jeu dans l'art sont essentiellement les forces actives : elles n'ont pas besoin de s'opposer ou de nier d'autres forces pour s'imposer. Les artistes sont dangereux pour la république car l’art séduit alors qu’il n’est que pur illusionnisme. »[12]. Et Socrate déclara que Platon était l’oiseau qu’il avait vu en songe. La République de Platon est peut-être le livre le plus célèbre de la philosophie occidentale.. Il a eu une immense influence dans l’histoire de la pensée. René Descartes, Karl Popper, Jules Vuillemin) la fait reposer sur l'exercice de la raison. 1080-1081. 9, 51b5. Les spécialistes ont sélectionné une liste de dialogues épurée de ceux qui furent à tort attribués à Platon. Chez Agrippa, ces trois options font partie des cinq « modes » par lesquels le sceptique peut suspendre toute affirmation. Le sens du symbole transcende le symbole. Contrairement à la thèse généralement acquise, Platon, dans le Théétète ne définit pas la connaissance. Cette reformulation permet de voir en quoi la définition présentée comme « traditionnelle » dans les sections précédentes est en effet celle adoptée, souvent implicitement, par la majorité des grands philosophes de la connaissance de Platon à Russell. Mais ce sens ne se réduit pas à son utilité ou non. Le Taj Mahal est une métaphore de l’amour au delà de la mort. Platon comme Aristote conçoivent l’art à travers la grille de la mimésis. Ce problème est souvent appelé trilemme d'Agrippa, parce qu'il a été formulé par le philosophe sceptique Agrippa, et nous est parvenu par l'intermédiaire de Sextus Empiricus[17]. Plusieurs compléments à la définition traditionnelle, ou même de nouvelles définitions, ont été proposés depuis, mais aucun n'a réussi à s'imposer. Mais en fait, ces théories sont compatibles avec la définition traditionnelle. La définition traditionnelle suggère donc que lorsqu'une croyance s'appuie sur des bonnes raisons, et qu'elle est vraie, alors c'est une connaissance[13]. Paul Klee dira plus tard : « L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible »[9]. Au delà de la technicité il y a le sens. La mimésis aristotélicienne fonctionne au contraire comme un processus dont l'objectif est de construire une représentation intelligible de la réalité. [5] Platon, « La République Â», Livre VII op. Platon distingue œuvre d’art et quête du beau. De plus, entre la « croute » et l’œuvre d’art il existe des formes intermédiaires. Cette Forme doit être considérée comme un principe organisateur —plutôt que comme une forme au sens de « shape » en anglais[26]—. Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. John Locke, David Hume) place l'expérience sensible à l'origine de l'acquisition de la connaissance. La fonction cognitive de l’art selon Aristote repose donc sur une stylisation ou une schématisation qui engendre une forme épurée du réel[17] contenant en elle-même sa propre logique, sa propre signification. Aujourd'hui, on lui préfère souvent l'expression « croyance vraie justifiée ». Le fondationnalisme consiste à accepter la première branche du trilemme. Ce monde intelligible, source de beauté et de vérité, qui éclaire l’objet figuré dans l’œuvre d’art est extérieur à la représentation sensible de celle-ci. La définition traditionnelle de la connaissance est aujourd'hui tenue pour insuffisante à cause du problème de Gettier. Dans l’Allégorie de la Caverne[1], la lumière de la beauté et de la vérité éclaire les choses réelles, et le rôle du philosophe est de contribuer à ce que nous nous détachions de l’apparence, des ombres de la doxa, pour apercevoir la réalité des choses. Récemment, le fondationnalisme a été notamment défendu par Roderick Chisholm. L’art selon Platon et les néoplatoniciens, L’art contemporain répond à d’autres critères, Un peu d’amour, un peu de philosophie,…. Quoi qu'il en soit, elle a été retenue par une certaine tradition philosophique ultérieure. Ces deux points ((a) et (b)) ont été remis en cause, mais la plupart des philosophes continuent de les admettre aujourd'hui[15]. L’interprétation aristotélicienne ne parvient pas à saisir ce qui fait qu’une œuvre contemporaine puisse prétendre au statut d’œuvre d’art. Aristote (Seconds Analytiques), Descartes (Règles pour la direction de l'esprit), Locke (Essai sur l'entendement humain), Hume (Traité de l'entendement humain), Kant (Critique de la raison pure) et Russell (Problèmes de philosophie, 1912, Théorie de la connaissance, 1913, Notre connaissance du monde extérieur, 1914), ont une théorie de la connaissance à deux niveaux : une connaissance est ou bien (a) une connaissance de base, ou bien (b) une connaissance inférée d'une connaissance de base. « De telle sorte [que] l'être qui se cache est illuminé. » colloque novembre 2005. C’est ce qu’Aristote appelle son être en puissance. Cette anamnèse ramène à ce qui est au-delà du temps, au silence insécable de l’éternité[7], au temps hors temps. Mais la tradition en a retenu l'explication suivante. Ainsi, la différence entre l’artisan et l’artiste, tient à ce que l’artiste apporte un « supplément » d’être au fait technique. Pourtant, ils ne « savent » pas que l'accusé est innocent, parce qu'ils auraient pu être trompés par l'avocat. Edmund L. Gettier, “Is Justified True Belief Knowledge ?”, Analysis, 23, 1963. La meilleure citation de Platon préférée des internautes. Pour sa part, le rationaliste (cf. En faisant de l’œuvre d’art une copie de copie, Platon conçoit la mimésis sur le registre du symbole[20]. Se manifeste aussi une ré-union ou synthèse du sensible (Percept) et de la raison (concept) chez des auteurs comme Rudolf Steiner (dans sa Philosophie de la liberté), Schelling. Pour cette raison, Platon réfute cette caractérisation et n'apporte donc aucune définition[11]. Il n’explose pas à l’œil et à l’esprit du spectateur par sa beauté mais par sa symbolique. Mais celui qui n'a aucune connaissance de la théologie chrétienne sera incapable de procéder à cette analyse, il n’y verra que la qualité esthétique et technique du tableau. C’est dans la beauté de l’œuvre que réside tout le sens de celle-ci. [6] C’est aussi le point de vue de Schopenhauer. On trouve de nombreuses sources lui attribuant l'expression « d'opinion droite pourvue de raison » (201 d)[10]. Tel est l’apprentissage suivi par les élèves de l’Académie. Contrairement à la raison qui n'accède qu'aux «représentations», seule la connaissance métaphysique permet d'accéder au «noyau» ou à l'essence du monde. Les conceptions que le fondationnalisme et le cohérentisme se font de la structure de la justification épistémique sont illustrées par des images bien connues.